Hyperconnexion : ce que votre téléphone fait à votre attention

Hyperconnexion : ce que votre téléphone fait à votre attention

Hyperconnexion : ce que votre téléphone fait à votre attention

Par Maxime Morin

Vous est-il déjà arrivé de prendre votre téléphone pour vérifier l'heure, puis de le déposer vingt minutes plus tard sans savoir quelle heure il est? Autour de moi  j'entends de plus en plus souvent la même phrase : « Je suis fatiguée, mais je ne sais pas pourquoi. »

Cette fatigue a souvent un nom discret : l'hyperconnexion.

Une attention tirée dans toutes les directions

Notre attention est une ressource limitée. Chaque notification, chaque message, chaque vidéo qui démarre toute seule lui demande de se déplacer. Et chaque déplacement a un coût : il faut du temps pour revenir pleinement à ce que l'on faisait avant.

Quand ces interruptions se répètent du matin au soir, l'esprit ne se pose jamais vraiment. On lit sans retenir, on écoute sans entendre, on est là sans y être. Ce n'est pas un manque de volonté : les applications que nous utilisons sont conçues pour capter et retenir notre attention le plus longtemps possible.

Ce qui se passe dans le corps

L'hyperconnexion n'est pas qu'une affaire de tête. Notre système nerveux réagit à ce qui est nouveau, urgent ou incertain. Un son de notification, un courriel du travail un dimanche soir, une mauvaise nouvelle qui défile : autant de petits signaux qui maintiennent le corps en état d'alerte.

Sur le moment, on ne le remarque pas. Mais à la longue, plusieurs personnes décrivent les mêmes sensations :

  • une tension dans les épaules, la mâchoire ou la nuque;
  • une respiration courte, en haut de la poitrine;
  • de la difficulté à s'endormir, surtout après avoir regardé un écran au lit;
  • une impatience diffuse, l'impression de ne jamais avoir fini.

Le corps a besoin de moments de vrai repos pour revenir à un état de calme. Or, le téléphone s'est glissé dans presque tous nos temps morts : la file d'attente, le café du matin, les minutes avant de dormir. Ces petits espaces vides, qui permettaient autrefois à l'esprit de rêver et au corps de se déposer, ont disparu.

La comparaison et le sentiment de manque

Il y a aussi ce que l'on regarde. Les réseaux sociaux nous montrent la vie des autres sous son meilleur angle. Même quand on le sait, il est difficile de ne pas comparer : leur maison, leur couple, leurs vacances, leur corps. Plusieurs de mes clientes me disent sortir de leur fil d'actualité avec un léger sentiment d'insuffisance, sans pouvoir dire exactement d'où il vient.

Reprendre la main, sans culpabilité

L'objectif n'est pas de jeter votre téléphone dans un lac. La technologie nous rend de grands services. L'objectif est de redevenir celle qui décide quand, comment et pourquoi on l'utilise.

Voici trois questions que je propose souvent en thérapie :

  1. Qu'est-ce que je cherchais en prenant mon téléphone? Une information, une distraction, un réconfort, une façon d'éviter un malaise?
  2. Comment je me sens après? Plus calme, plus informée, ou plus vidée?
  3. De quoi aurais-je vraiment besoin en ce moment? Une pause, un verre d'eau, une marche, une conversation?

Ces questions ne servent pas à se juger. Elles servent à remettre un peu de conscience entre l'impulsion et le geste. C'est le cœur de la pleine conscience : remarquer, sans critiquer, ce qui se passe en nous.

Et si on essayait vraiment?

Lire sur la déconnexion, c'est un début. La vivre, c'est autre chose. C'est pour cette raison que nous avons créé la retraite Détox numérique, du 21 au 24 janvier 2027 au Centre de vie de Ripon. Trois jours pour déposer le téléphone, marcher dans la neige, respirer, échanger et redécouvrir ce que devient votre attention quand plus rien ne la tire vers l'écran.

Vous repartirez avec une meilleure compréhension de vos habitudes et des outils concrets pour une relation plus libre avec la technologie.

Découvrir la retraite Détox numérique

Et si l'hiver était une invitation à ralentir?

Extrait : La nature se repose, la lumière se fait rare. Et si, au lieu de lutter contre la saison froide, on apprenait à en épouser le rythme?

Par Maxime Morin, enseignante de yoga et de méditation, coach somatique

Chaque année, c'est la même chose. Dès que les journées raccourcissent, j'entends autour de moi : « Vivement le printemps! » Comme si l'hiver était une parenthèse à endurer, quatre ou cinq mois à serrer les dents en attendant que la vie reprenne.

Et si on regardait l'hiver autrement?

La nature, elle, ne force pas

Dehors, rien ne pousse en janvier. Les arbres ont laissé tomber leurs feuilles, les animaux ralentissent, certains dorment. La terre se repose sous la neige. Ce n'est pas un échec, c'est un cycle : sans ce temps de repos, il n'y aurait pas de printemps.

Nous, pourtant, nous continuons au même rythme qu'en juin. Mêmes horaires, mêmes attentes, même productivité, alors qu'il fait noir à 16 h 30. Pas étonnant que tant de gens se sentent épuisés en février.

Ce que le corps nous demande

En hiver, beaucoup d'entre nous ont envie de dormir plus, de manger chaud, de rester à l'intérieur sous une couverture. On a vite fait d'appeler ça de la paresse. Comme coach somatique, j'y vois plutôt un message du corps : il nous demande de ralentir, de nous recentrer, de refaire nos réserves.

L'écouter ne veut pas dire tout arrêter. Cela veut dire ajuster. Moins en faire, mais le faire plus pleinement.

Quatre façons d'habiter l'hiver

1. Sortir, même un peu. La lumière du jour se fait rare, alors allez la chercher. Une marche de vingt minutes le midi, dans un parc ou en forêt, change souvent une journée. La neige fraiche, le silence qu'elle apporte, l'air froid qui réveille : c'est une méditation en soi.

2. Créer des rituels chaleureux. Une tisane le soir, une chandelle allumée pendant le souper, un bain chaud avant de dormir. Les petits rituels donnent un rythme à la saison et envoient au corps un signal clair : maintenant, on se dépose.

3. Bouger pour se réchauffer de l'intérieur. Le froid nous fait contracter les épaules et retenir notre souffle. Quelques salutations au soleil le matin, des étirements doux, une respiration lente et profonde : le corps se dénoue et l'énergie circule.

4. Se tourner vers l'intérieur. L'hiver est la saison idéale pour écrire, lire, méditer, faire le bilan. Que voulez-vous laisser derrière vous? Qu'avez-vous envie de semer pour le printemps? Ces questions trouvent plus facilement leur réponse dans le calme d'une soirée de janvier que dans le tourbillon de l'été.

Ralentir, ce n'est pas abandonner

On confond souvent ralentir et lâcher prise sur sa vie. C'est l'inverse. Ralentir, c'est choisir où va notre énergie au lieu de la laisser filer partout. C'est se donner le droit d'être un peu moins efficace pour être beaucoup plus présente.

Personnellement, c'est souvent en hiver que j'ai pris mes plus belles décisions. Pas dans l'urgence, mais dans le calme.

Vivre l'hiver autrement, ensemble

C'est dans cet esprit que nous avons choisi janvier pour notre retraite Détox numérique, au Centre de vie de Ripon, en Outaouais. Trois jours dans la neige, entre yoga, marche en forêt, sauna et longues conversations, loin des écrans. Une façon de faire de l'hiver non plus une saison à traverser, mais une saison à savourer.

Découvrir la retraite Détox numérique

7 gestes simples pour une détox numérique à la maison

Extrait : Pas besoin de partir loin pour commencer à décrocher. Voici sept petits gestes concrets à essayer dès cette semaine.

Par Dre Janick Artaud, psychologue

On parle beaucoup de détox numérique comme d'un grand projet : supprimer ses comptes, partir une semaine sans réseau, changer de vie. En réalité, ce sont souvent les petits changements, répétés chaque jour, qui transforment le plus notre relation à la technologie.

En thérapie d'acceptation et d'engagement, on ne cherche pas à se forcer par la volonté. On cherche à rapprocher nos gestes de ce qui compte vraiment pour nous. La question n'est donc pas « Combien de temps dois-je passer sur mon téléphone? » mais plutôt : « Est-ce que mon usage me rapproche ou m'éloigne de la personne que je veux être? »

Voici sept gestes simples pour commencer.

1. Faites dormir votre téléphone ailleurs

Chargez-le dans la cuisine ou l'entrée, pas sur la table de chevet. Achetez un petit réveil si c'est votre excuse pour le garder près du lit. Vos soirées et vos réveils changeront plus que vous ne le croyez.

2. Offrez-vous une première heure sans écran

Au lieu de commencer la journée avec les courriels et les nouvelles des autres, commencez-la avec vous : un café à la fenêtre, quelques étirements, trois respirations profondes. Le monde vous attendra une heure.

3. Coupez les notifications non essentielles

Prenez dix minutes pour passer en revue vos applications. Gardez les appels et les messages de vos proches. Pour le reste (réseaux sociaux, magasinage, jeux, nouvelles), désactivez les notifications. C'est vous qui irez voir, quand vous l'aurez choisi.

4. Créez des zones sans téléphone

La table du souper, la chambre, la salle de bain, la voiture. Choisissez un ou deux lieux où le téléphone n'entre plus. Si vous vivez en famille, faites-en une règle commune : les enfants suivent beaucoup mieux un exemple qu'une consigne.

5. Remplacez plutôt que de supprimer

Le téléphone répond souvent à un vrai besoin : se détendre, se sentir reliée, éviter l'ennui. Si vous l'enlevez sans rien mettre à la place, l'envie reviendra. Préparez des alternatives : un livre sur le divan, un carnet sur la table, un casse-tête entamé, une marche après le souper.

6. Pratiquez la pause de trois respirations

Avant de déverrouiller votre téléphone, arrêtez-vous le temps de trois respirations. Demandez-vous : de quoi ai-je besoin, là, maintenant? Parfois la réponse sera vraiment le téléphone, et c'est correct. Parfois ce sera autre chose. Cette simple pause redonne de la place au choix.

7. Planifiez un vrai moment déconnecté

Une fois par semaine, offrez-vous une demi-journée sans écran : une randonnée, un atelier, un repas entre amis où tout le monde dépose son téléphone dans un panier. Notez ensuite comment vous vous sentez. C'est souvent cette expérience vécue, bien plus que les bonnes résolutions, qui donne envie de continuer.

Avancer avec bienveillance

Vous n'avez pas besoin d'adopter les sept gestes en même temps. Choisissez-en un ou deux, essayez-les pendant une semaine, puis observez. Vous allez sans doute retomber dans vos vieilles habitudes à certains moments. C'est humain. L'important n'est pas la perfection, mais la direction.

Aller plus loin

Si vous avez envie de vivre une vraie pause, accompagnée et entourée, je vous invite à vous joindre à nous pour la retraite Détox numérique, du 21 au 24 janvier 2027 au Centre de vie de Ripon. Avec Cathia et Maxime Morin, nous vous accompagnerons pendant trois jours pour décrocher, comprendre vos habitudes et repartir avec des outils qui vous ressemblent.

Découvrir la retraite Détox numérique

Back to blog